
La dernière fois, j'ai vu La nuit américaine. Film que j'avais depuis longtemps envie de voir, mais dont l'occasion ou l'opportunité ne s'étaient pas présentées. Et je n'ai pas été déçue. Mise en abyme cinématographique, amour pour le septième art clamé haut et fort, je pense que La nuit américaine ne peut pas laisser indifférent lorsqu'on partage également cette vive attirance pour la pellicule. Voir ce genre de film est à mon sens mille fois plus enrichissant et pertinent que de lire n'importe quel bouquin théorique sur le-comment-faire-un-long-métrage.
Lorsqu'on rentre au bercail, on est choyé, chouchouté, accueilli comme si on rentrait de la guerre du Viêt Nam. Les pieds sous la table et/ou les mains dans les poches, on savoure avec une pointe d'égoïsme, mais surtout avec une bonne dose de délectation, cet état de fait.
Il faut dire que les fêtes réchauffent le coeur et gonflent les papilles. Foie gras poché ou en toast, saumon fumé, huîtres gratinées, champagne, chocolats, rien ne sera épargné.
J'ai fait mon analyse de séquence lundi matin, dans un café bobo-snob auprès de mon directeur de mon mémoire. Même que j'avais mis mon tee-shirt "A woman under the influence" pour être raccord et même qu'il a trop kiffé sa mère en short (ou en tee-shirt, ne nous égarons point). Cela s'est très bien passé. Après m'avoir complimenté sur mon analyse et m'avoir dit un truc comme "Je pense que le traitement du corps est une bonne piste qu'il faut continuer à creuser" (encore heureux que tu ne m'enlèves pas la pelle, vu que c'est un peu mon sujet de mémoire), il me fait cependant remarquer que le passage où Gena Rowlands regarde le gosier du pote de Peter Falk à table n'est autre qu'une métaphore de la fellation. Ah bah ouais. Soit. Désolée pour lui, désolée pour moi, mais je suis totalement passée à côté. Peut-être que je maîtrise mieux la pratique que l'approche théorique (AHAHA, qu'est-ce que c'est classe).
Microfictions de Régis Jauffret est un livre jouissif, jubilatoire. Dans un autre genre, comme la discographie de Richard Cheese, il devrait être remboursé par la Sécu. Et si en plus, ce dernier me redonne l'impulsion d'écrire, on peut dire qu'il sera également salvateur. Je bénis la personne qui me l'a offert. Du moins, je l'embrasse. (Si tu passes par là à tout hasard, crie le nom de code "Philippe", je l'entendrai de là où je suis.)
J'ai envie de photos. D'en faire, devant ou derrière l'objectif. J'ai envie de faire du tiramisù. J'ai envie de ne pas foirer mes partiels, même si je n'ai encore rien fichue depuis le début de l'année et que ça craint quand même un peu. J'ai envie de reprendre le théâtre, mais ça m'arrange peut-être inconsciemment de me dire que c'est le sort qui s'acharne contre moi. J'ai envie d'être une chanteuse de rock, mais là par contre, je n'ai que le look, et encore. Bref, domaine de l'impossible.
Quoique. Ludwig van Beethoven composait bien de la musique alors qu'il était sourd. Il y a donc pire que moi dans le genre ironie tragique.




