
En fait, là maintenant de suite, il faudrait que je bosse un peu. Histoire de me donner bonne conscience, mais pas que. Comme par exemple, commencer à lire "Le corps du cinéma" de Raymond Bellour (oui je sais, ce nom fait rêver mais je n'y suis pour rien et lui non plus d'ailleurs), commencer à ficher mes cours. Mais non. Je ne sais pas ce que j'attends, au juste. La motivation ? Bizarre, je sens qu'elle risque de ne pas sonner chez moi de suite.
J'avoue que j'ai un peu hâte de rentrer à P. Même si je sais que ça sera tout le contraire lorsque je serai dans l'avion. Je suis sans cesse coupée, tiraillée entre ces deux villes. Bien que B. me démoralise par sa vie léthargique, ses gens pour la plupart superficiels, elle reste quand même la ville où je suis née et où j'ai grandi jusqu'à il y a encore un peu plus d'un an.
B. contient les gens que j'aime le plus au monde. Mais P. prend de plus en plus d'importance.
Tiraillement perpétuel entre sa terre natale et son nouveau territoire d'exil.
J'ai du mal à l'admettre, mais je n'ai pas encore fait le deuil de certaines choses, de certaines personnes. Et pourtant, je le veux. Là est le plus important, n'est-ce pas ? Peut-être que la clé est d'en parler à quelqu'un. Un médiateur neutre, sans aucun préjugé, compréhensif sur mes propos amers et sur mes pensées acides. Ou peut-être qu'elle réside dans le fait de fermer les yeux. Oui, je veux me détacher de tout ça. Et avancer. Ne plus faire d'énormes bonds en arrière comme certains jours ou certains soirs.
Se recentrer sur l'essentiel, sur les éléments qui font vibrer.