jeudi 2 décembre 2010

Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien.

"Noir Désir, c'est terminé." (Denis Barthe, batteur du groupe)

La phrase résonne encore lourdement dans mes oreilles. Pour certains, c'était inévitable. Pour d'autres, incompréhensible. Pour ma part, je n'en sais rien.

Ce qui est marrant dans l'histoire, c'est que de nombreux amis/copains/connaissances ont apparemment d'emblée pensé à moi lorsqu'ils ont entendu et appris la nouvelle. Il faut dire que je bassine tout mon entourage - proche ou moins proche, donc - avec ce groupe depuis mes 15/16 ans. En gros, plus de cinq ans de matraquages réguliers. Ça commençait à faire pas mal.

On leur a souvent reprochés des paroles hermétiques et souvent prétextes au foutage de gueule, tant les métaphores s'accumulent, se superposent, voire finissent par rendre le texte complètement opaque. Mais je crois qu'il serait inutile et inintéressant de chercher une quelconque logique à un coup de foudre : on ne peut expliquer pourquoi l'on accroche à quelque chose, ou pas. Ici, c'est pareil.

Donc certes, je suis totalement tombée amoureuse de ce groupe. Et comme dans toute histoire d'amour passionnelle, la rupture fait mal, surtout lorsqu'on ne la souhaitait pas et/ou qu'on ne l'attendait pas. Et surtout, lorsque la légère blessure de n'avoir jamais pu les voir en concert se refermera difficilement, voire jamais. Il subsistera en effet toujours ce regret, ce petit pincement au coeur ne n'avoir pas pu moi aussi m'égosiller sur Tostaky ou vivre pleinement un live du Grand incendie.

Cet accent parfois pathétique ou dramatisant présent dans toutes ces dernières phrases peut sembler a priori absurde, mais la fin de ce groupe, c'est juste un peu mon adolescence qui s'en va. Pour toujours.

Car j'en ai passé des heures à parler de/sur ce groupe, avec des gens que je côtoie encore ou que je ne côtoie plus désormais. J'en ai passé des heures à écouter leur musique, comme cette chanson, Tostaky (le continent), la seule qui peut véritablement se vanter d'avoir squatter intensément mes oreilles plusieurs fois par jour, et ce, pendant des années.

Peut-on dire adieu à ce qui a bercé nos bons comme nos mauvais moments ? J'en doute. On se contentera alors d'un sobre au revoir, et de leur souhaiter à tous une bonne route.
Celle de la joie. On espère.

Et puis son doigt décrit dans l'air des étoiles
Ou bien des éclairs elle ignore si superbement
Les sentiments les aléas de l'amour elle s'avance
Vers la fenêtre abandonnée lascive et elle
Couvre le ciel de mille signes étranges et inconnus de tous.

(Paroles extraites de Lolita nie en bloc)