jeudi 7 juillet 2011

Hic et nunc.


La plus belle personne, c'est ma mère. Une force incroyable. J'aimerai pouvoir en dire autant de moi-même. Mais je n'ai pas hérité de cela. Ma mère m'a confié qu'elle n'a pas toujours su se créer une carapace. Plus jeune, elle était comme moi. Elle prenait les choses trop à coeur. Puis, les évènements de la vie ont fait qu'elle a appris à se protéger. Beaucoup admirent apparemment cette force. Toujours optimiste. La chose est d'autant plus réussie qu'elle n'a pas effacé pour autant sa sensibilité. Pas du tout. Elle s'émeut de grands et de petits riens. Elle a trouvé le point parfait de cet équilibre qui reste instable pour moi à l'heure qu'il est.

Apprend-moi, maman. Toi qui es sous mes yeux avec tes grandes ailes protectrices. Apprend-moi à être forte, à ne pas me laisser autant submerger par mes émotions, à ne pas être autant à fleur de peau.

J'ai toujours pensé que je serai perdue sans elle. Sa présence m'est plus qu'indispensable : elle m'est vitale. Le capitaine qui évite que son navire ne parte à la dérive. Cela semblera assez pathétique pour certains de se reposer autant sur quelqu'un. Je m'en fous. Si je n'étais pas à place, j'envierai probablement la personne ayant une relation aussi fusionnelle avec sa mère. Mais là n'est pas la question. Apprend-moi. Je n'étais pas comme ça, avant. Je ne m'en rappelle pas, du moins. Que s'est-il passé ? Ai-je été traumatisée par quelqu'un ou par quelque chose ? Peut-être. Je ne cherche plus la raison, mais bel et bien la solution.

Une goutte de pluie qui glisse délicatement mais sûrement sur la vitre, sans jamais oublier qu'elle va néanmoins crever au bout de sa course.
Tu vois, j'aimerai être comme elle, j'aimerai être comme ça, j'aimerai être comme toi.


mardi 14 juin 2011

Maman, j'ai (bien failli) rater l'avion.


Sérieux, si tu souhaites te rendre à Orly en taxi, il faudrait peut-être envisager la solution du poney.

Je m'explique. Tout a commencé un beau matin (nuageux), c'est-à-dire ce matin, en proche banlieue parisienne. Une corse exilée, la frange gonflée par son shampoing de la veille, était toute excitée de prendre l'avion à 9h20 précisément pour retourner sur son île, afin de souhaiter l'anniversaire de sa maman chérie. Levée à 7h, elle prévoit d'appeler tranquillement les taxis vers 7h45.
Même qu'elle l'a déjà fait une dizaine de fois. Même que ça s'est toujours très bien passé.

Appel aux taxis, dont je ne citerai pas le nom, mais qui sont bleus. "Votre temps d'attente ne dépassera pas les cinq minutes." Mon iPhone et moi n'avons sûrement pas les mêmes notions temporelles qu'eux. Sept minutes. Huit minutes. Personne. Dilemme cornélien : Raccrocher et appeler une autre compagnie de taxis ? Attendre à nouveau que ce p***** de répondeur cesse enfin et qu'une âme charitable daigne enfin me répondre ?
Je raccroche. Taxi G7 : on me demande de composer le code postal sur mon téléphone. Je m'exécute. On m'indique dans la foulée qu'aucun taxi n'est disponible dans ce secteur.

Huit heures passées. Mon stress est à son paroxysme, avec une tension minimum de 19, j'en suis sûre. L'homme est dépassé par les évènements. Il décide d'appeler lui aussi les taxis qui sont tous bleus. Mais il n'a pas forcément plus de succès. Et puis, il aimerait bien que la girl ferme un peu sa gueule. Chouiner ne fera pas venir le taxi plus vite. Elle le sait bien, mais la panique est plus forte que tout.

Néanmoins, la girl s'accroche. Elle tente un ultime geste, le geste de ceux qui n'ont plus rien à perdre. Elle décide de rappeler les taxis qui n'ont a priori pas changé de couleur. "Votre temps d'attente ne dépassera pas les six minutes." Cette fois, te fous pas de moi, t'as intérêt à me passer quelqu'un.

Deux ou trois minutes supplémentaires défilent (logiquement). Une voix féminine non robotisée décroche enfin. Il s'avère que ce fut celle d'une pauvre dinde, mais ça, la girl ne le soupçonnait pas encore. Aussi heureuse que si j'avais trouvé des neurones dans la tête de Lio, je m'empresse de demander mon foutu taxi et de donner l'adresse. Toutefois, je précise bien que l'adresse exacte n'est pas accessible pour des voitures. Je ne manque donc pas de donner de plus amples détails sur l'endroit précis où pourra se garer le taxi, c'est-à-dire un croisement. Madame la future Dinde note. Puis, le répondeur s'enclenche. C'est normal. Il précise que la réservation a bien été enregistrée et ne doit pas tarder à donner le modèle de véhicule, ainsi que son temps d'arrivée estimé.
Sauf que dix minutes passent. Et toujours rien.

Je finis par descendre au fameux croisement. Le répondeur tourne toujours en boucle. Pas de taxi à l'horizon. Etant donné que j'étais partie sur une superbe lancée de guigne, j'ai présagé direct que le taxi ne viendrait pas. Huit heures et quart bien sonnées. P***** de taxi de m****.
Miracle, il y en a un qui passe sur la voie rapide. Je fais de grands gestes. Plus de place à la fierté, seul le miracle d'arriver à Orly en moins de quarante-cinq minutes compte. Et là, comme par hasard, le répondeur des taxis bleutés s'arrête après un quart d'heure d'attente. Voix de la dinde, et feinte du jour :
"Je n'ai pas trouvé avec votre adresse."
MAIS MA MAIN DANS TA GUEULE, OUI.

Je prends en otage le taxi trouvé par hasard. Il est libre. Alors que la dinde m'annonce qu'une Skoda de couleur blanche est (enfin) censée arriver dans 7 à 8 minutes, je lui annonce en retour que j'ai trouvé un taxi plus rapidement. Sauf que là, Robert (oui, appelons ainsi ce chauffeur qui était au demeurant jeune et athlétique) fait une troisième annonce battant à plates coutures les deux précédentes :
"Mais attention, je ne vais que dans Paris."

Est-ce utile de vous dire... que j'ai voulu alors stopper l'annulation de mon premier taxi par téléphone en beuglant un "Noooooooooooooon, attendez !!!!" à mon interlocutrice, mais que cette dernière s'est révélée être une dinde doublée d'une pu-te, car bien qu'ayant parfaitement entendu mon cri de désespoir, elle continua en disant rapidement "Votre taxi a bien été annulé, merciaurevoir", puis raccrocha dans la seconde qui suivit ? (Traduction du légèrement moins poli : "T'as voulu annuler, pauvre conne ? Même si c'est ma faute car j'ai bien merdé ? Bah ouais, mais je me suis vexée, demmerdes-toi maintenant, niark niark niark, comme je suis diabolique, mlklkhhjfsdfdglkmgh.").
Oui, non, je vous le dis ? Bah voilà.

Et là les gars, on laisse tomber sa fierté, son ego, sa dignité, ou que sais-je encore. On se met à poil au sens figuré. Si on est une fifille (tiens donc, je me sens un peu concernée), on joue à fond la carte de la petite chose perdue avec sa valise et paniquée à l'idée de louper son avion. On chouine, on fait les yeux du chat dans Shrek, on pense très fort Actor's studio, on s'agenouille en plein milieu de la voie rapide s'il le faut.
Robert accepte malgré tout. Il précise bien durant tout le chemin - c'est-à-dire au milieu des charmants bouchons - qu'il ne pourra sûrement pas aller jusqu'à Orly, que ce n'est pas parce qu'il ne veut pas mais parce qu'il ne peut pas, qu'il était censé finir à 7h, qu'il loue sa licence, que ce n'est pas son propre taxi, etc, etc. Je sais, Robert. J'entends bien, tu n'es pas un mauvais garçon. Après lui avoir fait un bref résumé de mes malheurs matinaux, je lui pose des questions bateaux. Depuis combien de temps fait-il le taxi, est-ce que cela lui plaît. Robert ne voulait même pas que je le paye, ou alors la moitié de sa course. Robert est cool.

Neuf heures moins le quart. (Oui, j'ai toujours l'avion à 9h20). Porte d'Orléans. Robert m'annonce gravement qu'il ne pourra vraiment pas me déposer à Orly et qu'il va le faire là, de suite, maintenant. "Mais je ne vous lâche pas en pleine nature hein, je vous dépose à un autre taxi." "Mais... s'il n'y a pas d'autre taxi, Robert ?" (Evidemment, le Robert était dans ma tête). "Bah au moins, je vous aurais rapproché...".
Certes. C'est un point de vue.

Au feu rouge, un taxi attend. Robert me demande de sortir et de bien vouloir lui demander si je peux permuter avec. Je m'exécute. Il est libre et peut dépasser le périphérique, LUI.
Adieu Robert, bonjour Bruce. Un gars très sympa. Je raconte à nouveau ma formidable épopée et lui explique que je suis censée arriver à l'aéroport à 9h grand maximum. Bien qu'ayant conscience de la difficulté de la mission demandée, Bruce se montre plutôt optimiste. Il releva le défi, et haut la main. Heureusement pour moi, la distance temporelle entre la Porte d'Orléans et ce foutu aéroport n'était que de 10 minutes environ.

8h58 : sol Orlyesque enfin foulé. Timing parfait. Merci Bruce, Dieu te le rendra.




mardi 7 juin 2011

Like a virgin, touched for the very first time, like a virgin, when your heart beats, next to mine, oooh oooh oooh.

Yes, she is.

Mélanie Laurent.

J'aimerais bien coucher avec un réalisateur pour avoir le premier rôle. J'aimerais bien coucher avec un musicien pour qu'il me crée un album sur mesure. J'aimerais bien coucher avec Jude Law parce qu'il a l'oeil qui frise sur le dancefloor d'une boite cannoise. J'aimerais bien coucher avec Gilles Jacob pour être la maîtresse de cérémonie d'un festival de cinéma (veuillez rayer la mention inutile).
Petite poupée qui fait la moue et se dandine sans vergogne. Embrassez qui vous voudrez. Cet adage n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde.
On ne peut pas dire que la gent féminine t'apprécie. Ou alors, à coups de pelles et de parpaings. L'espèce masculine est, quant à elle, plus attendrie. Sûrement à cause de ton minois et de tes courbes (inexistantes). Rassure-toi Mélanie, je vais bien, ne t'en fais pas. Tu peux pavaner encore longtemps. Je me console en me disant qu'il faudrait aussi abattre Ludivine Sagnier (entre autres) pour que mon espèce vital soit parfaitement sain.
Le bâtard pas très glorieux, c'était peut-être toi, alors. Non, tu n'as pas le charisme d'un grille-pain défectueux. C'est juste que ta révolte rageuse face à des nazis est aussi puissante qu'une note poussée par Loana en plein Comme je t'aime (tu l'avais oubliée, celle-là). Je n'irai pas jusqu'à dire que tu es l'élément principal participant au ratage du film. Bon allez, peut-être.
Les médias sont tous des méchants. Ils n'ont pas aimé ton album, et puis ils collent toujours des étiquettes. Pfffft, tous des blaireaux. Mais tu t'en fous, tu fais dans quelques jours Le concert à la Cigale après un seul cd. Pas tout le monde ne peut se vanter de ça, notamment les musiciens qui galèrent depuis des années pour faire écouter leur maquette dans une maison de disques.
Oh, j'avoue, elle était un peu facile. Tu n'as pas le monopole de la justice. C'est comme si quelqu'un me reprochait d'avoir un toit sur la tête, alors que des centaines de SDF crèvent dehors au même moment.
Il y a peut-être trop de fiel qui dégouline sur tes cheveux fins et blonds.
Je t'offre un parpaing, pour la peine.

vendredi 15 avril 2011

Billet sponsorisé par une marque de guimauve.


La vingtaine, c'est un peu la période où on se prend des méchants coups de vieux dans la gueule. Les naissances, les fiançailles, les emménagements. On ne comprend pas bien ce qu'il se passe. Même si on espère doucement que cela nous arrivera un jour. Mais ceux qui sont légèrement en avance, on les regarde d'un air mi-amusé, mi-perplexe.

Une de mes amies d'enfance se marie demain. Et je ne serai pas là pour voir ça. La distance et mon p***** de stage auront eu raison. Je n'ai encore jamais assisté à un mariage. Arrêtez de faire les gros yeux. C'est déjà assez embarrassant de l'avouer, même si bien sûr, je n'y suis pas pour grand chose. Je ne connais pas encore la joie de côtoyer des beaufs au buffet, de me taper des toasts chiants, de médire sur la demoiselle d'honneur qui a voulu se faire plus bonnasse que la mariée. J'aurai l'occasion, un jour.

Mon amie d'enfance ne pouvait pas se marier. Ce n'était pas possible. Il n'y a pas si longtemps, on jouait au cheval dans la cour de récréation. Elle adorait et adore toujours autant l'équitation. Elle ne peut pas se marier. Pas maintenant. On est des enfants. Des petites filles qui portent des souliers vernis. Je vous laisse, maman m'attend. Elle m'a préparé mon goûter.

Non, je ne suis pas dans le déni. Simplement, je prends encore plus conscience dans ces moments-là que le temps glisse entre nos doigts. Il mène une course effrénée. Pourtant, j'étais habituée à galoper en jouant "au cheval" pendant plusieurs années. Rien à faire. Je me suis cassée la gueule dans l'herbe.

Mayabé, comme je t'appelle depuis des années. Ça me désole de ne pas être là. Ça me rend triste de ne pas te voir dans ta robe meringue. Toi, en robe. Rien que pour ça, ça valait le détour. Oui, ça me rend triste de ne pas être là, à tes côtés, à ceux de Caro. Pas tout le monde peut se vanter de se connaître depuis la maternelle. Nous, oui.


En espérant que "ton" jour ne se passera pas comme dans le lien vidéo ci-dessous.
Bon mariage, ma Mayabé.

mercredi 9 mars 2011

Sous les pavés, ta gueule.

Photo prise au jardin des Tuileries.

C'est marrant, j'ai souvent imaginé que je ne mourrai pas vieille. En fait non, ça n'est pas très marrant. Certes, je me suis déjà vue plusieurs fois en mamie gâteau. Mais une mamie moderne, ça va de soi. Le genre à réussir un cake au chocolat, mais à ne louper sous aucun prétexte son cours de yoga. Mi-gaga, mi-bobo.
Mais la plupart du temps, je crois bien que je n'arrivais et je n'arrive toujours pas à me projeter au-delà de la cinquantaine. Comme si je n'arrivais pas à mettre des rides sur mon visage. Je n'aimerai pas mourir vieille si c'est pour finir en légume. Qui aimerait, d'un autre côté. Dans l'idéal, ce serait plongée dans un profond sommeil, ou mieux, dans un éclat de rire. Ou fauchée en plein vol. Une mort sèche, sans souffrance, sans agonie, sans attendre la mort avec une fausse et horrible patience, coincée dans une maison de retraite.
Oui, d'un coup. Bam.

Mais avant de connaître "comment-vais-je-mourir", cela serait bien de savoir "comment-mieux-vivre". Etre moins angoissé(e), moins à fleur de peau. Ou savoir mieux gérer tout ça. Car ça bouffe, ça détruit. Les crampes au ventre, le rythme cardiaque qui s'accélère quelque peu, les crises de larmes incontrôlables. Une mort lente mais certaine, en quelque sorte. Pernicieuse, fourbe, te plongeant dans une agonie silencieuse. Vu que tu songeais à une mort directe, on peut dire que c'est plutôt con.

De toute manière, je crois qu'il est temps d'aller dormir.

lundi 14 février 2011

Last night, she said.


J'ai toujours eu un problème avec le temps. D'ailleurs, je crois que je pourrais lui donner sans souci une majuscule, tant il est central dans ma vie. Ceci est absurde, le Temps est important pour chacun d'entre nous. Tout se fait par rapport à lui. La vie n'est qu'une succession de secondes, de souffles, d’évènements qui ne sont logiquement rattachables qu'avec et que par rapport au Temps.

J'ai toujours eu un problème avec le temps, parce que je n'ai jamais su le saisir, le mesurer, l'apprivoiser. J'ai toujours quelques minutes de retard lors de mes rendez-vous. Ou alors, j'arrive trop en avance. J'anticipe toujours les choses. Même (et surtout) celles qui n'arriveront probablement jamais. Je vis parfois, non pas dans le passé, mais avec la nostalgie. Un problème avec le Temps, mais surtout un problème avec le Présent. Il fuit avant même que je n'ai fini d'écrire cette phrase. Insaisissable et fourbe. Pas étonnant que je ne puisse pas l'attraper, moi, ni même vous.

Vivre dans le présent, ne serait-ce pas une belle utopie voire une belle connerie ? Je me le demande. Il n'existe plus dans la seconde d'après. Un autre présent commence, et ceci est sans fin. Peut-être qu'inconsciemment, je tente d'échapper à ce piège en le feintant. Alors, j'anticipe, je recule, je me projette, je fais des bonds en arrière. Mais ça n'est pas forcément une bonne solution, bien au contraire.

Peut-être que vivre dans le présent n'est après tout non pas une absurdité, mais un défi véritable et réel. Je ne songe même pas au carpe diem, expression tellement galvaudée qu'elle ne veut à force plus trop dire grand chose. Mais simplement ne pas penser que ce sera mieux ou pire après. Ne pas penser que le présent est au final peu de chose, car ce que l'on a au présent est acquis. Profiter, et mesurer son importance.

Juste saisir le (T)(t)emps et en mesurer véritablement son importance. Majuscule ou non.

mercredi 22 décembre 2010

Alison Mosshart ? J'ai sa frange.


La dernière fois, j'ai vu La nuit américaine. Film que j'avais depuis longtemps envie de voir, mais dont l'occasion ou l'opportunité ne s'étaient pas présentées. Et je n'ai pas été déçue. Mise en abyme cinématographique, amour pour le septième art clamé haut et fort, je pense que La nuit américaine ne peut pas laisser indifférent lorsqu'on partage également cette vive attirance pour la pellicule. Voir ce genre de film est à mon sens mille fois plus enrichissant et pertinent que de lire n'importe quel bouquin théorique sur le-comment-faire-un-long-métrage.

Lorsqu'on rentre au bercail, on est choyé, chouchouté, accueilli comme si on rentrait de la guerre du Viêt Nam. Les pieds sous la table et/ou les mains dans les poches, on savoure avec une pointe d'égoïsme, mais surtout avec une bonne dose de délectation, cet état de fait.
Il faut dire que les fêtes réchauffent le coeur et gonflent les papilles. Foie gras poché ou en toast, saumon fumé, huîtres gratinées, champagne, chocolats, rien ne sera épargné.

J'ai fait mon analyse de séquence lundi matin, dans un café bobo-snob auprès de mon directeur de mon mémoire. Même que j'avais mis mon tee-shirt "A woman under the influence" pour être raccord et même qu'il a trop kiffé sa mère en short (ou en tee-shirt, ne nous égarons point). Cela s'est très bien passé. Après m'avoir complimenté sur mon analyse et m'avoir dit un truc comme "Je pense que le traitement du corps est une bonne piste qu'il faut continuer à creuser" (encore heureux que tu ne m'enlèves pas la pelle, vu que c'est un peu mon sujet de mémoire), il me fait cependant remarquer que le passage où Gena Rowlands regarde le gosier du pote de Peter Falk à table n'est autre qu'une métaphore de la fellation. Ah bah ouais. Soit. Désolée pour lui, désolée pour moi, mais je suis totalement passée à côté. Peut-être que je maîtrise mieux la pratique que l'approche théorique (AHAHA, qu'est-ce que c'est classe).

Microfictions de Régis Jauffret est un livre jouissif, jubilatoire. Dans un autre genre, comme la discographie de Richard Cheese, il devrait être remboursé par la Sécu. Et si en plus, ce dernier me redonne l'impulsion d'écrire, on peut dire qu'il sera également salvateur. Je bénis la personne qui me l'a offert. Du moins, je l'embrasse. (Si tu passes par là à tout hasard, crie le nom de code "Philippe", je l'entendrai de là où je suis.)

J'ai envie de photos. D'en faire, devant ou derrière l'objectif. J'ai envie de faire du tiramisù. J'ai envie de ne pas foirer mes partiels, même si je n'ai encore rien fichue depuis le début de l'année et que ça craint quand même un peu. J'ai envie de reprendre le théâtre, mais ça m'arrange peut-être inconsciemment de me dire que c'est le sort qui s'acharne contre moi. J'ai envie d'être une chanteuse de rock, mais là par contre, je n'ai que le look, et encore. Bref, domaine de l'impossible.
Quoique. Ludwig van Beethoven composait bien de la musique alors qu'il était sourd. Il y a donc pire que moi dans le genre ironie tragique.

jeudi 2 décembre 2010

Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien.

"Noir Désir, c'est terminé." (Denis Barthe, batteur du groupe)

La phrase résonne encore lourdement dans mes oreilles. Pour certains, c'était inévitable. Pour d'autres, incompréhensible. Pour ma part, je n'en sais rien.

Ce qui est marrant dans l'histoire, c'est que de nombreux amis/copains/connaissances ont apparemment d'emblée pensé à moi lorsqu'ils ont entendu et appris la nouvelle. Il faut dire que je bassine tout mon entourage - proche ou moins proche, donc - avec ce groupe depuis mes 15/16 ans. En gros, plus de cinq ans de matraquages réguliers. Ça commençait à faire pas mal.

On leur a souvent reprochés des paroles hermétiques et souvent prétextes au foutage de gueule, tant les métaphores s'accumulent, se superposent, voire finissent par rendre le texte complètement opaque. Mais je crois qu'il serait inutile et inintéressant de chercher une quelconque logique à un coup de foudre : on ne peut expliquer pourquoi l'on accroche à quelque chose, ou pas. Ici, c'est pareil.

Donc certes, je suis totalement tombée amoureuse de ce groupe. Et comme dans toute histoire d'amour passionnelle, la rupture fait mal, surtout lorsqu'on ne la souhaitait pas et/ou qu'on ne l'attendait pas. Et surtout, lorsque la légère blessure de n'avoir jamais pu les voir en concert se refermera difficilement, voire jamais. Il subsistera en effet toujours ce regret, ce petit pincement au coeur ne n'avoir pas pu moi aussi m'égosiller sur Tostaky ou vivre pleinement un live du Grand incendie.

Cet accent parfois pathétique ou dramatisant présent dans toutes ces dernières phrases peut sembler a priori absurde, mais la fin de ce groupe, c'est juste un peu mon adolescence qui s'en va. Pour toujours.

Car j'en ai passé des heures à parler de/sur ce groupe, avec des gens que je côtoie encore ou que je ne côtoie plus désormais. J'en ai passé des heures à écouter leur musique, comme cette chanson, Tostaky (le continent), la seule qui peut véritablement se vanter d'avoir squatter intensément mes oreilles plusieurs fois par jour, et ce, pendant des années.

Peut-on dire adieu à ce qui a bercé nos bons comme nos mauvais moments ? J'en doute. On se contentera alors d'un sobre au revoir, et de leur souhaiter à tous une bonne route.
Celle de la joie. On espère.

Et puis son doigt décrit dans l'air des étoiles
Ou bien des éclairs elle ignore si superbement
Les sentiments les aléas de l'amour elle s'avance
Vers la fenêtre abandonnée lascive et elle
Couvre le ciel de mille signes étranges et inconnus de tous.

(Paroles extraites de Lolita nie en bloc)


vendredi 29 octobre 2010

I wonder how, I wonder why, Yesterday you told me 'bout the blue blue sky, And all that I can see, Is just a yellow lemon tree.


En fait, là maintenant de suite, il faudrait que je bosse un peu. Histoire de me donner bonne conscience, mais pas que. Comme par exemple, commencer à lire "Le corps du cinéma" de Raymond Bellour (oui je sais, ce nom fait rêver mais je n'y suis pour rien et lui non plus d'ailleurs), commencer à ficher mes cours. Mais non. Je ne sais pas ce que j'attends, au juste. La motivation ? Bizarre, je sens qu'elle risque de ne pas sonner chez moi de suite.

J'avoue que j'ai un peu hâte de rentrer à P. Même si je sais que ça sera tout le contraire lorsque je serai dans l'avion. Je suis sans cesse coupée, tiraillée entre ces deux villes. Bien que B. me démoralise par sa vie léthargique, ses gens pour la plupart superficiels, elle reste quand même la ville où je suis née et où j'ai grandi jusqu'à il y a encore un peu plus d'un an.
B. contient les gens que j'aime le plus au monde. Mais P. prend de plus en plus d'importance.
Tiraillement perpétuel entre sa terre natale et son nouveau territoire d'exil.

J'ai du mal à l'admettre, mais je n'ai pas encore fait le deuil de certaines choses, de certaines personnes. Et pourtant, je le veux. Là est le plus important, n'est-ce pas ? Peut-être que la clé est d'en parler à quelqu'un. Un médiateur neutre, sans aucun préjugé, compréhensif sur mes propos amers et sur mes pensées acides. Ou peut-être qu'elle réside dans le fait de fermer les yeux. Oui, je veux me détacher de tout ça. Et avancer. Ne plus faire d'énormes bonds en arrière comme certains jours ou certains soirs.
Se recentrer sur l'essentiel, sur les éléments qui font vibrer.

vendredi 15 octobre 2010

God saves Richard Cheese.


Hola hola !

A la foule en délire, ou plutôt, aux trois égarés passant (encore) par ici :
je vous avais manqués, hein ?
Fin juillet, et puis plus rien, évaporation dans la nature.

Il n'y a pas vraiment eu de raison à cette longue absence, à part peut-être la flemme.

Ou le réseau social. Enfin, "the social network", comme on dit en ce moment.

Bah quoi, c'est vrai. On raconte TOUT sur facebook. Et si cela nous ennuie d'écrire une petite phrase-statut résumant un moment fort de notre journée (genre "j'ai croisé Dany Brillant à Saint Michel." Hélas, that's a true story que je ne manquerai pas de vous raconter un jour, tellement c'est passionnant), on peut toujours publier des photos qui prouvent que l'on possède un minimum de vie sociale.

Je vais assez souvent au cinéma, pour ne pas dire régulièrement. Mon dernier coup de coeur va au nouveau film d'Inarritù, Biutiful, avec le sexy Javier Bardem (même s'il n'est pas un modèle de sexy attitude dans ce dernier). Et on peut dire qu'il porte bien son nom (ouais elle était plus que facile, mais je me devais de la faire quand même). Courez, foncez. Et je vous garantis que vous pleurerez. (aha)

En parlant de cinéma, je suis justement allée voir ce soir le film que tout accro facebook attendait plus ou moins impatiemment : "The Social Network". Histoire de rendre hommage à ce mec, Mark Zuckerberg, qui nous fait passer dix fois plus de temps sur le web. Oui, merci à toi Mark, pour tes notifications, tes pokes, et autres inutilités indispensables.

Et au final, rien d'époustouflant. Je n'ai pas pu crier au chef-d'oeuvre comme bon nombre de critiques et/ou de personnes. La réalisation est efficace (bah ouais, David Fincher quoi), l'interprétation juste, et l'histoire bien menée, mais... Je ne sais pas. Le film était selon moi beaucoup plus explicatif que véritablement cinématographique. Et ptêt un petit peu trop long sur la fin. Autant, on peut passer des heures durant sur Facebook sans problème (d'ailleurs, à l'heure où j'écris ce message, je suis en même temps connectée dessus) ; autant, parler du créateur et du site pendant 2h, ça peut être assez mal vécu.
Ironie, quand tu nous tiens.