dimanche 20 juin 2010

J'avoue j'en ai bavé pas vous mon amour.

Il y a des artistes pour lesquels il est impossible de dater précisément la date de "notre" rencontre. Serge Gainsbourg en fait partie. J'entends ses chansons depuis que je suis toute petite, peut-être même déjà dans le ventre de ma mère. Et j'ai toujours eu le sentiment d'aimer Gainsbourg : ses mots qui glissent sur les notes, ses sons qui ricochent sur la langue et qui tapent délicatement le palais.

Je crois que mes préférences vont à "La javanaise", "L'eau à la bouche", "Initials B.B", "Elisa", "Requiem pour un con" ou encore "Sous le soleil exactement", mais seulement chantée par Anna Karina. Mais de toute façon, choisir une chanson de Gainsbourg est aussi facile que choisir une seule pâtisserie dans un délicieux salon de thé. Impossible, c'est ça.

Il y a exactement une semaine, je suis allée avec une amie voir pour la première fois la façade de la maison de Serge Gainsbourg. Depuis que je vis à Paris, je ne m'y étais encore jamais rendue. Sans véritable raison, l'occasion ne s'était pas réellement présentée. Et puis là, il faisait beau, alors on s'est dit qu'un hommage à Serge s'imposait.

J'avais déjà vu de nombreuses fois et dans diverses émissions cette célèbre façade tagguée, mais cela fait pourtant très bizarre de se trouver en face de celle-ci. Certainement parce que je me trouvais devant une maison chargée d'histoires. Et aussi que le simple fait de penser que Serge avait arpenté des centaines voire des milliers de fois le périmètre où je me trouvais me faisait donc tout drôle.

Rares sont les cm² non encore exploités. Du message avec quelques fautes d'orthographe au magnifique dessin, chacun rend hommage à cet artiste depuis des années. Evidemment, j'y suis allée aussi du mien. Je m'amusais également à observer les dates de passage, de sorte qu'on pouvait parfois voir un charmant "Kevin + Sandra = love" datant de 92. Peut-être avaient-ils confondu le mur de la maison avec celui de leur collège. Mais bizarrement, j'ai trouvé cela assez émouvant.

J'ai contemplé longuement ce mur. Et c'est là que j'ai encore plus pris conscience de l'impact que Gainsbourg a eu sur le public. Plus particulièrement sur les nouvelles générations, dont la mienne, qui ne l'ont connu qu'après sa mort. "Je suis venu te dire que je m'en vais" disait-il. Mais le talent, lui, n'est pas parti.

samedi 19 juin 2010

"Love is a stream. It's continues. It doesn't stop."

Il y a quelques mois de ça, j'ai eu une véritable fascination, un véritable choc, une véritable révélation (c'est tout ?!) pour une actrice. Et comme je suis "un peu" à tendance obsessionnelle sur les bords, je procède donc à un matraquage complet depuis quelques jours sur la dénommée Gena Rowlands.

Mais attention, Gena Rowlands dans les films de son époux John Cassavetes uniquement (enfin, pour le moment). Gena, ou la muse d'un maitre du cinéma. Gena, ou la femme qui rend le geste de fumer complètement orgasmique. Gena, ou les rôles de femmes fortes et fragiles à la fois.

Oui, les rôles de Gena constituent forcément le fantasme d'une comédienne confirmée ou refoulée. On ne peut pas ne pas rêver d'interpréter la folie douce de Mabel ou le courage de Gloria. Ce qui me fait saliver d'avance, c'est que je n'ai pas encore vu tous les films de cette grande comédienne. Sur les nombreuses collaborations faites avec son mari, je n'ai vu pour l'instant que deux films. Il me tarde de regarder "Opening night". Cependant, je sais que cette fascination engendrée par le fait de la voir en mouvement sur une pellicule ne s'éteindra pas après avoir visionné tous ses films. Pour preuve, j'ai très envie de revoir Gloria au cinéma.

Quelque chose m'échappe, toutefois. J'ai lu qu'elle fut nominée (seulement) deux fois aux Oscars, la première en 1975 pour "A woman under the influence", et la seconde pour "Gloria" en 1981. La statuette est loupée à deux reprises. L'industrie hollywoodienne aurait-elle eu du mal à donner son trophée chéri à une des plus brillantes représentantes du cinéma dit indépendant ? Et je ne parle pas de sa biographie présente sur la bible webienne, j'ai nommé Wikipédia : nettement moins développée que celle de Michael Youn. Oui, y a comme un problème.

Il est si bon de sentir cette fascination pour un artiste. Cela ne m'était plus arrivé depuis longtemps. Au panthéon de mes actrices favorites, il n'y en avait qu'une qui avait réussi à se hisser au sommet. Romy Schneider. Elle est toujours là, mais Romy devra désormais partager le podium avec Gena. Cela m'étonne d'être passer à côté d'elle depuis tant d'années. Mais qu'importe, après tout. Alors oui, je suis peut-être un tantinet soulante en ce moment avec cette passion naissante pour cette actrice. Mais qu'importe, là aussi.

Elle fête ses 80 ans aujourd'hui même. Alors, happy birthday, Mademoiselle Gena.

Et d'ailleurs, si on pouvait lui remettre un Oscar d'honneur lors de la prochaine cérémonie, afin de récompenser sa grande carrière, je trouve que ce serait un chouette cadeau d'anniversaire. Et un juste retour des choses.

mercredi 16 juin 2010

"Aucune récompense éternelle ne viendra nous pardonner d'avoir gâché l'aube."

Une des choses qui me plaît le plus depuis que je vis à Paris est la multitude de choix cinématographiques qui s'offrent à moi. Auparavant, je me plaignais sans cesse qu'il n'y avait pas assez de films dits variés. On donnait la part belle aux films appelés blockbusters. Mes envies de cinéphile sont désormais comblées.

Il y a quelques jours, je suis allée voir avec une copine le documentaire tant attendu de Tom Dicillo sur le groupe The Doors, intitulé "When you're strange" et avec Monsieur Johnny Depp en voix-off, s'il vous plaît.

Tout d'abord, je dois dire que je n'ai jamais été une fan des Doors. Déjà, parce que je ne suis fan de personne, ce mot m'a toujours horripilé. J'ai l'impression que la personne en question idolâtre de façon plus que absurde l'artiste en question. Je préfère plutôt employer le terme d'admiration ou d'amour. C'est plus beau, ça sonne mieux à l'oreille.
Et puis surtout, parce que je ne connaissais pas grand chose à ce groupe, hormis le fait que j'ai toujours trouvé que Jim Morrison ressemblait furieusement à Mike Brant, (à moins ce que ce ne soit l'inverse), et que ça m'a toujours relativement perturbé.
Plus sérieusement, c'est donc aussi et surtout pour cette raison que j'attendais vraiment la sortie de ce film : connaître mieux ce quatuor. C'est désormais chose faite.

Le documentaire est très bien fait, et j'ai été sidérée par la multitude d'images d'archives qu'il comportait. Je m'attendais à voir beaucoup de séquences de concerts, d'entretiens dits officiels, mais le film offre également des images intimes, laissant ainsi entrevoir les moments de complicité entre les membres du groupe. Ou les moments de crises imminentes. Comme Jim complètement saoul en studio. On ose à peine sourire. Un Jim dans la parfaite incarnation du héros tragique : une beauté somptueuse (merci le pléonasme), écrivant de merveilleux poèmes, et qui plonge pourtant dans les méandres de l'alcool et de la drogue.

J'avoue également que j'ai eu un peu de mal à accrocher d'emblée à leur musique, bien que le charisme de ce cher Jim n'a jamais été un souci me concernant. Peut-être qu'il y avait trop d'orgue à mon goût, aha. Mais paradoxalement, j'ai toujours aimé la chanson Touch me.


.

Nouveau départ. Un énième, direz-vous ? C'est probable, a priori.
Cependant, contrairement à la plupart des noms donnés à mes précédents blogs, je sens et je sais que je ne me lasserai pas de celui-là.

Bien évidemment, "A Girl Under The Influence" est un clin d'oeil au film de John Cassavetes avec ma nouvelle idole, la sublime Gena Rowlands.
Et pourquoi "girl", et pas "woman" ? Tout simplement parce qu'il me semblait que cela me correspondait mieux.


Welcome.