mercredi 22 décembre 2010

Alison Mosshart ? J'ai sa frange.


La dernière fois, j'ai vu La nuit américaine. Film que j'avais depuis longtemps envie de voir, mais dont l'occasion ou l'opportunité ne s'étaient pas présentées. Et je n'ai pas été déçue. Mise en abyme cinématographique, amour pour le septième art clamé haut et fort, je pense que La nuit américaine ne peut pas laisser indifférent lorsqu'on partage également cette vive attirance pour la pellicule. Voir ce genre de film est à mon sens mille fois plus enrichissant et pertinent que de lire n'importe quel bouquin théorique sur le-comment-faire-un-long-métrage.

Lorsqu'on rentre au bercail, on est choyé, chouchouté, accueilli comme si on rentrait de la guerre du Viêt Nam. Les pieds sous la table et/ou les mains dans les poches, on savoure avec une pointe d'égoïsme, mais surtout avec une bonne dose de délectation, cet état de fait.
Il faut dire que les fêtes réchauffent le coeur et gonflent les papilles. Foie gras poché ou en toast, saumon fumé, huîtres gratinées, champagne, chocolats, rien ne sera épargné.

J'ai fait mon analyse de séquence lundi matin, dans un café bobo-snob auprès de mon directeur de mon mémoire. Même que j'avais mis mon tee-shirt "A woman under the influence" pour être raccord et même qu'il a trop kiffé sa mère en short (ou en tee-shirt, ne nous égarons point). Cela s'est très bien passé. Après m'avoir complimenté sur mon analyse et m'avoir dit un truc comme "Je pense que le traitement du corps est une bonne piste qu'il faut continuer à creuser" (encore heureux que tu ne m'enlèves pas la pelle, vu que c'est un peu mon sujet de mémoire), il me fait cependant remarquer que le passage où Gena Rowlands regarde le gosier du pote de Peter Falk à table n'est autre qu'une métaphore de la fellation. Ah bah ouais. Soit. Désolée pour lui, désolée pour moi, mais je suis totalement passée à côté. Peut-être que je maîtrise mieux la pratique que l'approche théorique (AHAHA, qu'est-ce que c'est classe).

Microfictions de Régis Jauffret est un livre jouissif, jubilatoire. Dans un autre genre, comme la discographie de Richard Cheese, il devrait être remboursé par la Sécu. Et si en plus, ce dernier me redonne l'impulsion d'écrire, on peut dire qu'il sera également salvateur. Je bénis la personne qui me l'a offert. Du moins, je l'embrasse. (Si tu passes par là à tout hasard, crie le nom de code "Philippe", je l'entendrai de là où je suis.)

J'ai envie de photos. D'en faire, devant ou derrière l'objectif. J'ai envie de faire du tiramisù. J'ai envie de ne pas foirer mes partiels, même si je n'ai encore rien fichue depuis le début de l'année et que ça craint quand même un peu. J'ai envie de reprendre le théâtre, mais ça m'arrange peut-être inconsciemment de me dire que c'est le sort qui s'acharne contre moi. J'ai envie d'être une chanteuse de rock, mais là par contre, je n'ai que le look, et encore. Bref, domaine de l'impossible.
Quoique. Ludwig van Beethoven composait bien de la musique alors qu'il était sourd. Il y a donc pire que moi dans le genre ironie tragique.

jeudi 2 décembre 2010

Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien.

"Noir Désir, c'est terminé." (Denis Barthe, batteur du groupe)

La phrase résonne encore lourdement dans mes oreilles. Pour certains, c'était inévitable. Pour d'autres, incompréhensible. Pour ma part, je n'en sais rien.

Ce qui est marrant dans l'histoire, c'est que de nombreux amis/copains/connaissances ont apparemment d'emblée pensé à moi lorsqu'ils ont entendu et appris la nouvelle. Il faut dire que je bassine tout mon entourage - proche ou moins proche, donc - avec ce groupe depuis mes 15/16 ans. En gros, plus de cinq ans de matraquages réguliers. Ça commençait à faire pas mal.

On leur a souvent reprochés des paroles hermétiques et souvent prétextes au foutage de gueule, tant les métaphores s'accumulent, se superposent, voire finissent par rendre le texte complètement opaque. Mais je crois qu'il serait inutile et inintéressant de chercher une quelconque logique à un coup de foudre : on ne peut expliquer pourquoi l'on accroche à quelque chose, ou pas. Ici, c'est pareil.

Donc certes, je suis totalement tombée amoureuse de ce groupe. Et comme dans toute histoire d'amour passionnelle, la rupture fait mal, surtout lorsqu'on ne la souhaitait pas et/ou qu'on ne l'attendait pas. Et surtout, lorsque la légère blessure de n'avoir jamais pu les voir en concert se refermera difficilement, voire jamais. Il subsistera en effet toujours ce regret, ce petit pincement au coeur ne n'avoir pas pu moi aussi m'égosiller sur Tostaky ou vivre pleinement un live du Grand incendie.

Cet accent parfois pathétique ou dramatisant présent dans toutes ces dernières phrases peut sembler a priori absurde, mais la fin de ce groupe, c'est juste un peu mon adolescence qui s'en va. Pour toujours.

Car j'en ai passé des heures à parler de/sur ce groupe, avec des gens que je côtoie encore ou que je ne côtoie plus désormais. J'en ai passé des heures à écouter leur musique, comme cette chanson, Tostaky (le continent), la seule qui peut véritablement se vanter d'avoir squatter intensément mes oreilles plusieurs fois par jour, et ce, pendant des années.

Peut-on dire adieu à ce qui a bercé nos bons comme nos mauvais moments ? J'en doute. On se contentera alors d'un sobre au revoir, et de leur souhaiter à tous une bonne route.
Celle de la joie. On espère.

Et puis son doigt décrit dans l'air des étoiles
Ou bien des éclairs elle ignore si superbement
Les sentiments les aléas de l'amour elle s'avance
Vers la fenêtre abandonnée lascive et elle
Couvre le ciel de mille signes étranges et inconnus de tous.

(Paroles extraites de Lolita nie en bloc)