lundi 14 février 2011

Last night, she said.


J'ai toujours eu un problème avec le temps. D'ailleurs, je crois que je pourrais lui donner sans souci une majuscule, tant il est central dans ma vie. Ceci est absurde, le Temps est important pour chacun d'entre nous. Tout se fait par rapport à lui. La vie n'est qu'une succession de secondes, de souffles, d’évènements qui ne sont logiquement rattachables qu'avec et que par rapport au Temps.

J'ai toujours eu un problème avec le temps, parce que je n'ai jamais su le saisir, le mesurer, l'apprivoiser. J'ai toujours quelques minutes de retard lors de mes rendez-vous. Ou alors, j'arrive trop en avance. J'anticipe toujours les choses. Même (et surtout) celles qui n'arriveront probablement jamais. Je vis parfois, non pas dans le passé, mais avec la nostalgie. Un problème avec le Temps, mais surtout un problème avec le Présent. Il fuit avant même que je n'ai fini d'écrire cette phrase. Insaisissable et fourbe. Pas étonnant que je ne puisse pas l'attraper, moi, ni même vous.

Vivre dans le présent, ne serait-ce pas une belle utopie voire une belle connerie ? Je me le demande. Il n'existe plus dans la seconde d'après. Un autre présent commence, et ceci est sans fin. Peut-être qu'inconsciemment, je tente d'échapper à ce piège en le feintant. Alors, j'anticipe, je recule, je me projette, je fais des bonds en arrière. Mais ça n'est pas forcément une bonne solution, bien au contraire.

Peut-être que vivre dans le présent n'est après tout non pas une absurdité, mais un défi véritable et réel. Je ne songe même pas au carpe diem, expression tellement galvaudée qu'elle ne veut à force plus trop dire grand chose. Mais simplement ne pas penser que ce sera mieux ou pire après. Ne pas penser que le présent est au final peu de chose, car ce que l'on a au présent est acquis. Profiter, et mesurer son importance.

Juste saisir le (T)(t)emps et en mesurer véritablement son importance. Majuscule ou non.